La trésorerie est un élément clé dans la gestion et l’exploitation de son entreprise. En effet, il est important pour tout bon dirigeant ou gestionnaire d’entreprise de connaître le niveau de sa trésorerie pour anticiper les encaissements et les décaissements de sa société.

C’est sur la base de l’observation de ces flux monétaires qu’il est possible d’optimiser la trésorerie afin de générer des bénéfices sur l’excédent de trésorerie. Optimiser la trésorerie d’une entreprise permet ainsi de dégager du résultat financier supplémentaire au résultat opérationnel de la société.

Comment identifier et calculer cet excédent de trésorerie ? Ou placer ensuite cet argent ? Nous vous donnons dans cet article la méthodologie à retenir pour optimiser votre trésorerie.

Comment gérer sa trésorerie ?

La première étape est de calculer le fonds de roulement de l’entreprise.

Dans le cycle d’exploitation d’une entreprise, celle-ci doit maintenir un minimum de liquidité pour payer ses fournisseurs ou ses salariés. En contrepartie, ses clients contribuent à alimenter les comptes de la société en liquidités.

Quelques définitions

Le fonds de roulement se défini comme la différence des capitaux permanents et des actifs immobilisés. En d’autres termes, le fonds de roulement est la somme dont dispose l’entreprise pour payer ses fournisseurs, ses employés et ses charges en attendant le règlement de ses clients. Il s’agit donc de la somme qu’à l’entreprise pour payer ses obligations sans être payée par ses clients.

Le besoin en fonds de roulement est le montant nécessaire à l’entreprise pour compenser le décalage entre les décaissements de l’entreprise et ses encaissements.

En effet, bien qu’une créance soit payée par les clients de l’entreprise, ces derniers peuvent mettre un certain temps avant de régler la facture. En attendant, la société doit payer ses fournisseurs, ses salariés etc. C’est donc le BFR qui va couvrir cette différence.

En soustrayant le besoin en fonds de roulement, aux fonds de roulement, nous obtenons la trésorerie nette.

Le principe de l’optimisation de la trésorerie

Le gérant de l’entreprise ou le gestionnaire de trésorerie (le comptable par exemple), doit fixer les échéances d’encaissement et de décaissement de la trésorerie. Cela permet ainsi d’obtenir un prévisionnel sur le niveau de la trésorerie sur les mois et les années à venir.

Afin d’optimiser la trésorerie, l’idée est donc d’allouer l’excédent de trésorerie sur des placements financiers dont les échéances sont cohérentes avec le prévisionnel de trésorerie.

En d’autres termes, le comptable de l’entreprise ne devra pas immobiliser une somme d’argent durant 5 ans alors qu’elle sera nécessaire au fonctionnement de l’entreprise d’ici 3 ans.

Inversement, placer les liquidités sur des placements sur une durée plus faible que nécessaire n’est pas optimal. Le rendement des placements sera, dans ce cas, plus faible. Ce qui est donc un manque à gagner financier pour la société.

Les leviers à actionner pour gérer sa trésorerie

Les éléments sur lesquels le chef d’entreprise devra être vigilent sont les suivants :

Le chiffre d’affaire : il s’agit des rentrées d’argent de l’entreprise, les paiements des clients. Plus votre chiffre d’affaires est important et plus vos dépenses le seront également (fournisseurs, salariés, prestataires etc). Si votre chiffre d’affaires augmente, vous devrez par conséquent augmenter le besoin en financement de votre société. Pour cela, il faudra augmenter les capitaux permanents, voire négocier des facilités de paiement avec vos fournisseurs ou des crédits court -terme avec votre banque.

Vous devez suivre l’évolution de votre besoin en fonds de roulement et faire en sorte qu’il ne soit pas trop élevé. Pour cela, focalisez-vous sur la baisse des créances des clients (c’est-à-dire se faire payer rapidement). Aidez-vous des différents services de votre entreprise pour identifier les pistes à suivre.

La rentabilité de l’entreprise a un impact sur le niveau de ses capitaux. Si l’entreprise est déficitaire, ses capitaux diminueront, ce qui dégradera son fonds de roulement et ainsi sa trésorerie. Le dirigeant doit suivre de près la rentabilité de son entreprise et prendre des décisions, notamment sur les fonds propres afin de rééquilibrer les fonds.

Informez-vous sur la différence entre le taux d’emprunt court terme et les taux de placement. En effet, on pourrait être tenté de privilégier un auto-financement de la société (pas de besoin en financement). Lorsque l’on regarde les taux d’emprunt à court terme et les taux de placement, on s’aperçoit que cela n’est pas forcément judicieux. En effet, les intérêts économisés sur les emprunts de la société sont parfois inférieurs aux produits financiers générés par des comptes rémunérés. Dans ce cas, il faut mieux emprunter et placer la somme équivalente sur un actif.

Comment et où placer l’excédent de trésorerie ?

Comme nous l’avons vu précédemment, l’objectif est de faire tendre vers 0 sa trésorerie en réaffectant le surplus vers des placements plus rémunérateurs que des livrets ou le compte courant de l’entreprise.

Cependant, où placer cet argent ? Quels types de placement cibler ?

Les besoins en trésorerie

La première étape est de définir les besoins futurs de l’entreprise sur la disponibilité des fonds.

Il faut tout de même conserver une certaine marge de sécurité et ne pas arbitrer une somme trop conséquente du compte courant de l’entreprise vers les placements plus long terme.

En effet, une trésorerie négative engendrera des frais qui feront perdre tout l’intérêt du travail jusqu’alors réalisé. La banque n’hésitant pas à prélever des agios et des frais de découvert.

Les produits financiers pour votre trésorerie

Classiquement, les produits financiers utilisés par les entreprises pour optimiser leur trésorerie sont :

  • Les comptes courants rémunérés ;
  • Les livrets ;
  • Les comptes à terme ;
  • Les assurances vie ;
  • Les SICAV monétaires.

Il existe un lien entre la disponibilité des fonds (ou le risque) et le rendement du placement.

Plus les fonds sont disponibles et moins le produit est rémunérateur (et inversement).

C’est la raison pour laquelle les comptes courants rémunérés et les livrets sont très peu rentables (moins de 1% de nos jours). En revanche, vous disposez d’une très grande flexibilité sur les fonds placés. Vous pouvez retirer l’argent pratiquement instantanément.

Les comptes à terme sont des placements avec une date et un rendement contractuellement fixé à la souscription. En cas de difficulté, vous aurez généralement la possibilité de retirer les fonds placés. En revanche, le banque appliquera alors des pénalités de retrait. Le chef d’entreprise peut espérer gagner quelques points de rentabilité s’il accepte de bloquer ses liquidités sur quelques années.

Enfin, les assurances vie sont composées d’OPCVM, dont les SICAV monétaires, et permettent de créer un placement très flexible qui coïncide avec la durée de placement de l’excédent de trésorerie. Les assurances vie sont à utiliser sur des horizons beaucoup plus longs car le capital n’est pas garanti.

Vous devrez donc bien anticiper les besoins futurs en liquidité de votre entreprise pour ainsi choisir les placements judicieux, qui correspondent aux horizons de placement et au risque financier que l’entreprise est capable de prendre (si le capital n’est pas garanti).

L’usufruit de SCPI : une façon originale et efficace d’optimiser sa trésorerie

Si la majorité des produits cités précédemment se retrouvent dans les offres des enseignes bancaires. D’autres, pour le moins originaux se retrouvent dans le panel de produit du CGPI.

Généralement à destination des particuliers, les services des conseillers en gestion de patrimoine s’adressent également aux entreprises.

C’est le cas du démembrement temporaire de SCPI.

Fonctionnement de la SCPI

La SCPI est une société civile de placement immobilier. Il s’agit d’une société qui achète des bien immobilier et les exploite en location.

La société gère le parc immobilier (gestion locative, arbitrage du parc etc.) et redistribue les loyers encaissés aux actionnaires. C’est-à-dire aux investisseurs.

Le rendement net de frais de gestion des SCPI s’établit aujourd’hui à environ 5% annuel.

L’achat de SCPI demande d’immobiliser les fonds sur plusieurs années, au moins 10 ans afin d’amortir les frais d’acquisition, toujours élevés sur un placement immobilier.

Le démembrement de propriété de la SCPI

En revanche, le démembrement de propriété est un réel atout pour la trésorerie des entreprises.

Le démembrement de propriété est le fait de séparer deux droits complémentaires de la propriété d’un logement (ou d’une SCPI) : la nue-propriété et l’usufruit.

Dans ce montage, le conseiller en gestion de patrimoine trouve un tiers pour acheter la nue-propriété (généralement des particuliers souhaitant optimiser leur fiscalité) et fait investir la société sur l’usufruit durant une durée d’année cible, par exemple 5 ans.

En achetant à prix décoté la SCPI, l’entreprise va percevoir annuellement la totalité des loyers durant la durée fixée initialement, ici 5 ans. De plus, elle pourra amortir le prix de son acquisition sur la durée de versement des loyers. Permettant ainsi de baisser l’imposition sur les revenus générés.

Il s’agit donc d’un instrument d’optimisation de trésorerie très performant si l’entreprise souhaite placer des liquidités sur plusieurs années. Dans le montage décrit, elle percevra annuellement des loyers qui viendront reconstituer sa trésorerie.

Attention toutefois, il s’agit d’un investissement à fonds perdus. L’entreprise encaisse les loyers de la SCPI durant une durée limitée mais ne retrouvera pas son capital versé à l’échéance.

Un exemple d’investissement de SCPI en usufruit temporaire

Nous prenons un exemple détaillé pour bien comprendre.

Supposons que la société souhaite reconstituer sa trésorerie de 50 000€ dans 5 ans. Pour cela, elle achète des SCPI en usufruit temporaire sur 5 ans.

Le prix de la part de la SCPI est de 20% de celui de la pleine propriété.

Le rendement de la part est de 5% par an. Elle touchera des loyers sur la base de la pleine propriété (250 000€), soit 12 500€ chaque année. Durant 5 ans, elle aura donc récupéré 62 500€.

Elle amortie l’acquisition de manière linéaire, soit 1/5 chaque année (donc 10 000€). Si on suppose qu’elle est fiscalisée à l’IS à 33,33%, son gain net annuel est donc de 11 667€ chaque année.

Le taux de rentabilité interne d’une telle opération est de près de 8% brut de fiscalité et 5,4% net d’impôts.

Les avantages du démembrement de la SCPI

L’opération est donc bien plus rentable que la grande majorité des produits bancaires classiques.

Le second avantage est de pouvoir optimiser le versement des flux et ainsi reconstituer progressivement la trésorerie de l’entreprise. Un placement « classique » de votre banquier ne vous proposera de récupérer votre mise qu’en une seule fois, à l’échéance du placement. Reconstituer progressivement sa trésorerie est, dans certain cas, un compromis parfait les encaissements de loyer correspondent aux décaissements de la société.

Les inconvénients de la SCPI

Sur le papier, la SCPI démembrée semble être le placement parfait pour votre trésorerie d’entreprise. Cependant, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un placement dont le capital et les loyers ne sont pas garantis. L’argent est placé dans un bien tangible, l’immobilier mais il n’existe aucune assurance ou garantie qui vous donnera un rendement certain.

Comme nous l’avons vu, les montants investis ne sont pas récupérés par la société. Il s’agit d’un investissement à fonds perdus. Cependant, l’entreprise encaissera les loyers sur la totalité de la pleine propriété des SCPI.

Conclusion sur l’optimisation de trésorerie

La gestion de la trésorerie d’une entreprise est bien souvent négligée par le dirigeant, surtout dans le contexte actuel des taux bas qui rémunèrent très peu les placements financiers.

Dans cet article, nous avons vu la méthodologie afin de déterminer et de calculer l’excédent de trésorerie. Si ma méthode peu sembler complexe pour les personnes non initiées à la comptabilité, le dirigeant pourra se faire accompagner par son expert-comptable.

Une fois l’excédent calculé, il faudra placer cet argent sur des investissements générant un minimum d’intérêts pour que l’opération soit rentable.

Sur les horizons couts, la banque sera en capacité à répondre aux besoins de l’entreprise. En revanche, sur les montages de trésorerie plus complexes ou sur des durées de placement plus longues, l’entrepreneur devra être accompagné par un professionnel de la gestion de patrimoine.

Le CGPI saura identifier les besoins de son client et l’orienter, par le biais d’un conseil avisé, vers les placements adaptés à sa situation. Chaque cas étant unique, nous avons présenté ici un produit couramment utilisé pour « booster » la rentabilité de la trésorerie d’entreprise. Le conseiller en gestion de patrimoine a également beaucoup d’autres instruments qualitatifs pour le dirigeant, selon sa situation et ses objectifs.

Cet article a été rédigé par Cyrille, conseiller en investissements financiers à Lyon et auteur du site www.invest-aide.fr.

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 1
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Le livre qu'il vous faut pour augmenter vos Bénéfices